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 Kaléidoscope. [Libre.]

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Geika Seiken
Démon contre -
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Messages : 5
Date d'inscription : 21/06/2011
Age : 25
Localisation : Mmh...

MessageSujet: Kaléidoscope. [Libre.]   Mar 21 Juin - 21:13

Sans doute parce qu'il n'y avait rien d'autre à faire. Voilà tout.

L'avion se posa sans encombre. C'est idiot, après tout. Tout le monde aurait pu mourir. Y'aurait eu des organes partout. Bien sûr qu'elle aurait survécu. Et elle aurait pu y plonger les mains patiamment. Les palper. Les ouvrir. Tout aurait été drôle, lent. Et les secours auraient débarqué. Là, ils l'auraient trouvé, seule, couverte de l'hémoglobine encore fraîche des centaines de cadavres lui servant de remparts. Ils auraient contacté les autorités, bien sûr. Ils l'auraient conduite au poste. Sans doute qu'elle ne serait pas inculpée, au contraire. Son témoignage d'unique survivante aurait été d'un précieux à toutes épreuves. Les aléas du vécu. Elle y serait restée des heures, dans ces locaux puants la drogue et le sexe illégal. Chasseurs. Non. Finalement, l'avion s'était posé sans problèmes. Tout allait bien, pour tout le monde. Pour tout le monde. C'était ce qui importait, sans doute. Les aviateurs sortirent du cockpit, l'air apaisés. Tant mieux pour eux. Son sac, encombrant, l'entrava. Il lui fallut se découvrir une force surdimensionnée pour pouvoir le retirer du porte bagages. Derrière elle, les jurons fusaient. Désagréable sensation de l'épiage. Serpent vénéneux l'entourant de sa langue fendue. Souffle glacé parcourant son échine. Soubresaut. Volte face. Ils jacassaient qu'elle était longue. Son regard les transperça. Leur salive devint âcre. Une bélliqueuse s'enticha du passage étroit, la bouscula. Erreur. Les ongles tombèrent éperdumment amoureux du voile fin qui recouvrait à peine ses jambes d'affaires. Le lambeaux qu'elle lui arracha semblait conséquent. Et le mieux, c'est qu'elle partit la tête haute sans même s'appercevoir que son tailleur semblait plus ample. D'une logique incontestable.
L'aéroport était gigantesque. Le sac qu'elle portait sur ses épaules faisait largement deux fois son poids. Il y avait du monde. Les boutiques foisonnaient. La lumière de l'extérieur l'éblouissait. Il avait fait gris pendant tout le voyage, mais il n'avait pas plut. Ils avaient été au-dessus des cumulus sans jamais redescendre. L'équation était simple. Seiken s'approcha de l'accueil. Elle arrivait à peine à atteindre leur comptoir minable. Tous les américains étaient grands. Indéniable. Quand ce fut à son tour, une famille anglophone lui ravit la place. Cette petite garce de réceptionniste n'avait pas l'air de s'en soucier outre mesure. Fort bien. Son bagage s'effondra au sol dans un fracas hors du commun. Elle s'agenouilla et l'ouvrit patiamment. Une quinzaine de centimètres devraient suffir. Alors, les chaussures plates furent troquées pour les talons hauts. Et quand la jeune femme s'affalla de tout son long entre la blondasse et les ricains fauteurs de troubles, on se décida à l'écouter. Ce fut laborieux.
Le pensionnat se trouvait de l'autre côté de la ville. Normal. Pour y aller à pieds, il aurait nécessité six jours, dix neuf heures, huit minutes et approxivement quatorze secondes. Soit cent soixante trois heures, huit minutes et quatorze secondes. Neuf mille sept cent quatre vingt huit minutes et quatorze secondes. Cinq cent quatre vingt sept mille deux cent quatre vingt quatorze secondes. Bien trop de temps. En taxi, Seiken aurait du en prendre un de l'aéroport à Bedford, de Bedford au Musée de Brooklyn, puis de cedit musée prendre un bus, ligne deux, pour se rendre en trois heures cinquante trois minutes vingt six secondes à China Town dans des conditions déplorables écrasée par les centaines d'américains survoltés, obèses et transpirants pour espérer trouver un autre taxi dans China Town qui rejoindrait, éventuellement, le lycée de Hell's City. A peu près trente six mille secondes. Bien. Le métro était encore la meilleure des solutions. Il fallait compter autour d'une heure trente neuf minutes et quarante secondes pour arriver à destination. La station de métro était à l'autre bout de l'aéroport. Tout était d'une ergonomie douteuse. Fantastique arrivée.

Une place assise s'était enfin libérée. El Dorado fabuleux. Elle y jeta son sac, sans prendre garde aux passagers voisins. L'appareil enchaîna sa route. Cela faisait, à en croire les minutes de son téléphone portable, vingt-deux minutes que Geika avait attrapé cette rame. Mille dangers bravés, pourtant. C'est un triste dessein. La secousse lui crispa le poing sur la barre de support. Ses yeux de jade ne quittèrent pas les écritures liées à l'écran pixélisé. Et quelqu'un l'épiait. En face. En face d'elle, à côté du sac. À droite du sac, à droite. Treize lettres, murmurées.

- Avertissement.

Ses billes malsaines se lèvèrent en direction du voyeur. Du curieux. Et elle ne le lâchait pas. Elle ne le lâcherait pas jusqu'à ce qu'il daigne s'excuser de son impertinence.
Imbécile.
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Kaléidoscope. [Libre.]
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